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Bénin

« Avec la low tech, on cherche à garder la main sur la technologie »

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La Croix  : Que pensez-vous des objets connectés ? Représentent-ils à vos yeux un danger ?

Cédric Lebreton : Je peux y voir un intérêt quand il s’agit d’améliorer la gestion des biens communs. Par exemple, si on met des capteurs sur des appareils électriques pour comprendre leur consommation et la réguler, c’est intéressant.

Mais il y a trop de risques de dérives. Sous couvert de faciliter la vie des consommateurs, les objets connectés sont là pour capter des données et après on ne sait pas vraiment qui y a accès ou pas. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) elle-même appelle à la vigilance. Il y a quand même des questions qui se posent en termes de confidentialité de ces données. Et, avec la multiplication des objets connectés, je pense qu’il y aura forcément, à un moment ou un autre, des risques d’utilisation à des fins commerciales.

Et puis cela comporte aussi des enjeux en termes de surveillance. Une ville connectée est-elle sans danger en termes de respect de la vie privée et des libertés ? Enfin, le piratage des objets connectés n’est pas un risque anodin.

En quoi la « low tech » représente-t-elle une alternative au « high-tech » de type objets connectés ?

C. L : Dans la « low tech », telle que la développe le Low Tech lab de Concarneau, avec lequel l’Atelier Z travaille, on cherche à garder la main sur la technologie. On reste dans la technique de façon à garder un certain confort, mais on se la réapproprie. On fabrique nous-mêmes des objets très simples, que l’on pourra réparer, à l’inverse du « high-tech » où on est incité à la surconsommation en changeant son appareil tous les deux ans.

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Nous sommes dans l’innovation frugale, pour avoir le moins possible d’impact sur l’environnement, en utilisant notamment des énergies non fossiles. Enfin, alors que les objets connectés ont tendance à individualiser les gens, nous, on fabrique ensemble. On utilise aussi le numérique pour partager nos connaissances. Bref, dans la « low tech », il y a l’idée de l’autonomie, de la durabilité et du lien social.

Que faites-vous concrètement à l’Atelier Z et au Low Tech Lab ?

C. L. : L’Atelier Z, qui se situe dans le village de Névez dans le Finistère, est un laboratoire de fabrication, un « fab lab », rural. On travaille en partenariat avec le Low Tech Lab de Concarneau qui repère, expérimente et partage les connaissances autour des outils « low tech ». Ensemble on a fait des ateliers de formation. Depuis trois ans, L’Atelier Z accueille des « summer camp », des camps d’été ouverts aux gens qui veulent travailler avec nous. Cette année, on les a rebaptisés les Comices du Faire parce qu’on en avait marre des anglicismes et qu’on voulait mettre en avant notre identité rurale.

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Les Comices ont lieu du 15 au 28 juillet. Avec le Low Tech Lab, on va travailler sur un projet de cuisine « low tech » et un atelier numérique. On aura également une activité cartographie libre, avec OpenStreetMap qui est par exemple capable de refaire rapidement des cartes après une catastrophe climatique.

Enfin, on va avoir un atelier pour mesurer, grâce à des capteurs, la consommation électrique lors des Comices. Ces données seront enregistrées sur un serveur autonome, l’idée étant de comprendre comment fonctionne notre consommation, de la visualiser simplement via des pics, afin de réguler nos activités en temps réel aux moments où on consomme trop, mais aussi de poser la question de la propriété des données.

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